Voici quelques termes culinaires
spécifiques à l'Ouest :
On
dit grillons ici, rillons là, ou encore
râtons. On ne parle pas de la même chose
quand on dit galette à Rennes et à Quimper.
Des mots utilisés par nos grands-mères, tombent
en désuétude. Pour recenser ce patrimoine et
évaluer l'utilisation d'expressions " bien de
chez nous ",, une équipe de linguistes et de géographes
a établi le Dictionnaire des régionalismes de
France, paru aux éditions De Boeck-Duculot.
Il
fait le point sur la richesse de notre patrimoine linguistique
français, région par région.
.
GALETTES
La galette de blé noir est cuisinée
avec des produits salés et est épaisse dans
le pays de Rennes.
Alors que la crêpe de sarrasin, dans le Finistère,
est beaucoup plus fine et est réalisée à
base d'un mélange de farine de froment et de sarrasin.
On en fait une graissée dans le Morbihan : galette
nature réchauffée sur la tuile avec du beurre.
La dernière galette s'appelait un galichon.
Dans le Finistère: les galettes de
Pont-Aven sont aussi des gâteaux sablés ronds
et plats, à base de farine et de beurre, cuites au
four.
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PAIN
- BEURRE
Cette expression vient de Basse-Bretagne (Finistère
et Morbihan) pour le pain en tranche que l'on tartine de beurre
pour le goûter des enfants.
Par extension, on parlera aussi de morceau
de pain beurre, de tartine de pain-beurre ou de
café-pain-beurre pour désigner cette collation
de tartines beurrées accompagnées de café.
" A quatre heures de l'après-midi,
dans toutes les maisons honorables, c'est le café-pain-beurre.
" (Pierre-Jaquez Hé1ias, Le Cheval d'orgueil,
1975).
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KOUIGN
- AMAN
Ce mot de Basse-Bretagne est utilisé
surtout dans le Finistère et le Morbihan pour désigner
un gâteau feuilleté et caramélisé,
particulièrement riche en beurre et en sucre. Il vient
du breton " k(o)uign ", gâteau et " amann
", beurre.
On rencontre aussi les orthographes suivantes
: kouign aman, kouig-aman ' kouing-aman, kouigne-amanne, kouing
aman(n), kouig-arman, kuign-amann.
Le mot est en voie d'être " dérégionalisé
", depuis le développement du tourisme.
le mot kouign-amann n'a été
que récemment pris en compte par la lexicographie générale
du français.
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GODAILLE
ET POISSON
" En général, la godaille
c'est la part de poissons qu'on donne aux pêcheurs.
Elle devient cotriade quand on la cuisine en soupe
en Bretagne, chaudrée en Vendée mais
se nomme toujours gouaille à Saint-Nazaire ",
explique Jacques Thorel, chef de " L'Auberge bretonne
", à la Roche-Bernard (Morbihan).
Par extension, la godaille - ou cotriade - est
la bouillabaisse bretonne, un plat de poisson(s) et de pommes
de terre, accompagné du bouillon dans lequel ils ont
cuit.
La cotriade de Concarneau n'est faite que de sardines à
peine pochées.
La cotriade du Morbihan est un peu plus aromatisée
et on ajoute des moules, des crevettes décortiquées
ou des langoustines.
La cotriade de Jacques Thorel : faire un bouillon de
légumes à base de poireaux, y cuire les poissons
et ajouter les pommes de terre, cuire une heure et assaisonner
légèrement.
En Basse-Bretagne on dira " prendre ou ramasser une
bonne godaille", c'est-à-dire s'enivrer.
Les noms des produits de la mer changent avec
les régions: les coques sont des rigadeaux
à Saint-Nazaire, une étrille devient
une chèvre dans le golfe du Morbihan. Les crevettes
grises sont des boucauds à Saint-Nazaîre,
mais des boucs en Charente-Maritime.
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